Montpellier candidate pour les Jeux olympiques de 2024 ?
Montpellier capitale olympique en 2024. Voilà qui prête à sourire,...
Montpellier capitale olympique en 2024. Voilà qui prête à sourire, pour ne pas dire à rire. Un poisson d'avril avant l'heure. A moins qu'il ne s'agisse d'une opération de communication bien léchée comme savent en user bon nombre d'édiles locaux. Bien difficile à dire pour l'instant ! Il faudra sans doute attendre les prises de position et les engagements des différents acteurs de ce dossier pour se faire une réelle idée de la faisabilité d'un tel projet. En attendant, le MoDem a réussi son coup, hier, en proposant officiellement que Montpellier devienne la capitale des JO de 2024. Cela passe tout d'abord par la création d'une association baptisée Montpellier 2024 Sud de France.
« Notre but est de mobiliser tout le monde, au-delà des clivages politiques et sociaux. Ces jeux doivent être ceux de tous les habitants du Languedoc-Roussillon. » Et pas seulement de Montpellier. Car les représentants du MoDem, dont aucun n'est élu au conseil régional, veulent que ce soit la Région qui porte ce projet. « Les Jeux seront organisés dans toutes les villes du territoire. Le tennis dans les arènes de Nîmes, l'escrime au Pont-du-Gard, le triathlon au Salagou... » Une question alors se pose : qu'en pense l'actuel président de la Région, Georges Frêche (lire ci-dessous), dont on peut s'étonner de l'absence lors de cette présentation quand on sait sa propension à dévoiler lui-même ce genre d'événement ? « Je l'ai rencontré, je lui ai soumis ce dossier et il y a adhéré, assure Marc Dufour, le président héraultais du MoDem. Nous considérons que c'est lui qui doit porter ce projet, il doit être l'élément fédérateur. » Georges Frêche ou le président de la Région ? « Le président de la Région », se reprend Marc Dufour, en ajoutant, « mais pour l'instant, c'est lui qui préside ! » Quant à Hélène Mandroux ? « Elle a d'abord été surprise par cette proposition, puis elle en a compris la portée. » Un projet bien avancé si on en croit les élus centristes puisque plusieurs d'entre eux ont déjà visité des sites olympiques et, dans la foulée, ont pris rendez-vous avec le président du comité olympique français, Henri Sérandour. « Nous y croyons car le CIO sera obligé, dans les années à venir, d'organiser des jeux à taille humaine. La crise et l'échec qui attend les Anglais seront favorables à une région candidate comme la nôtre ! » Le MoDem met également l'accent sur les infrastructures routières et ferroviaires « avec, entre autres, la future ligne grande vitesse prévue en 2020 ». Côté équipements, Marc Dufour et son staff jouent la carte de l'innovation et prévoient d'établir un cahier des charges imposant des stades modulables.
« On n'aura pas l'occasion de se servir d'un stade de 80 000 places une fois les JO terminés ; on demandera aux architectes de prévoir des stades démontables. C'est un vrai défi mais c'est notre conception du développement durable ! » Reste, tout de même, un point noir : le faible accueil hôtelier de la région. « Qu'à cela ne tienne, nous installerons sur les quais, en front de mer, des paquebots qui serviront d'hôtels. » Montpellier et la Région ont maintenant six ans pour monter le dossier qui sera examiné en 2015.
Il faut simplement espérer pour le MoDem qu'Annecy ne décroche pas les JO d'hiver en 2018 sinon, pas de JO d'été en France pour 2024. « Si on n'a pas les Jeux, on aura au moins la satisfaction d'avoir créé une vraie dynamique. C'est déjà pas mal. »
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Midi Libre